Être deux

Un seul regard, un coup d’œil échangé au hasard, tout commence. Les pensées incessantes, les souvenirs de ce premier instant qui semblent même dépasser le présent. Cette envie de se revoir, la magie des premiers mots et des premiers sourires… Le cœur qui bat trop fort, les mains qui tremblent, le souffle coupé. Le temps de se comprendre, de ne plus comprendre, d’espérer au-delà de tout pour que ce premier devienne le début d’une longue histoire.
Et puis ce besoin qui commence tout bas, cette hâte qui s’invite pas à pas. Les jours illuminés par une autre intensité, les nuits réchauffées par cette future intimité. Le premier baiser, plus fort que tout ce qui pourrait exister… Suivis de tant d’autres, toujours plus délicieux, toujours plus savoureux. Jusqu’à se demander comment on avait pu vivre avant, vivre sans.
Les jours, les semaines qui défilent, portés par ces découvertes… Jusqu’à ce moment unique où l’on est enfin prêt à aller plus loin. Avec la certitude d’avoir attendu toute une vie juste pour ça, pour toute une vie au-delà. Et quand tout commence enfin, oublier le reste du monde, et même les lendemains, puisque plus rien ne compte.
Cet instant précieux, parfait, juste avant le baiser. Quand les lèvres s’effleurent presque, de loin, encore inconscientes de ce qu’elles vont découvrir. Encore innocentes des plaisirs à venir. Les souffles à peine retenus, juste quelques secondes suspendues à des battements de cœur. Les regards qui n’osent se croiser, timides. Et cet infime moment où la distance s’abolit enfin pour goûter, se savourer. La douceur feutrée des mains qui se cherchent, des caresses encore sages.
Le désir naissant dans l’obscurité, prêt à ouvrir les portes d’un autre monde, d’un autre univers. Le silence, qui exprime plus que les mots, quand les sensations prennent le pas sur les impressions. Les paupières fermées qui accueillent la nuit et l’envie, entre deux frémissements…
Les peaux nues l’une contre l’autre, électrisées. Des sourires et des murmures à l’oreille, rien de plus, car rien ne saurait troubler ce moment. Et puis devenir l’un, devenir l’autre, ne plus s’avoir où tout s’arrête vraiment… comme un seul corps pour deux âmes sœurs.
Les regards brûlants de désir, perdus dans le plaisir, lèvres entrouvertes sur des soupirs… Et quand tout s’évanouit et qu’il ne reste que la tendresse, que les promesses ; contempler l’avenir, à deux, en se disant que rien ne pourrait être mieux.
Les mois, les années qui s’enfuient et s’oublient dans l’éternité, au fil des souvenirs qu’on ne voudrait surtout pas oublier. D’abord l’amour naissant, la folie et l’urgence des premiers instants. Puis on apprend, avec le temps, la confiance, les habitudes, jusqu’à cette certitude de ne plus jamais être seul.
Deux regards tournés dans la même direction.
Deux mains enlacées qui se soutiennent, qui caressent, qui effacent, qui créent, qui réconfortent, au hasard des tourments.
Deux sourires qui n’auraient jamais existé de cette façon s’ils ne s’étaient pas un jour adressés l’un à l’autre.
Deux corps qui vivent, qui rient et qui pleurent, avec à l’intérieur deux cœurs qui espèrent et qui battent sur le même rythme.
Deux êtres qui se sont réunis et unis, pour partager ce qu’il reste de plus précieux en ce monde, si fort et pourtant si fragile…
Deux personnes qui s’aiment, tout simplement.

Love Always Wins

 

© Ophélie Pemmarty – Tous droits réservés
Publicités

2 réflexions sur “Être deux

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s