Les Choses

Il y a tant de choses auxquelles on tient. Certaines photos, certains bijoux, certaines peluches. Des albums de musique, des livres, des vêtements. Un parfum, un crayon, un souvenir d’enfance. Un talisman, un porte-bonheur. Un petit mot écrit à la va-vite sur un morceau de papier déchiré.
On a beau en avoir parfois plusieurs, il y en a toujours certains que l’on préfère aux autres. Parce qu’on l’avait avec soi au cours d’une journée ou d’une nuit véritablement merveilleuse. Parce qu’on l’a conservé depuis notre plus tendre enfance et que le revoir nous rappelle tellement de souvenirs. Parce que c’est une personne que l’on aime qui nous l’a donné ou offert. Parce qu’on l’a acheté en croyant que cela nous protègerait des mauvais moments. Il peut y avoir mille raisons différentes mais chaque personne ou presque, en ce monde, possède un objet comme celui-là.
Le fameux jeans qu’on a porté encore et encore, qui est tout usé mais dont on ne veut pas se séparer car il semble fait pour nous. Le billet de concert ou de cinéma, froissé et presque effacé, mais qu’on ne jettera pas car on a passé un moment inoubliable. La peluche que l’on garde depuis notre enfance même si elle ne ressemble plus à grand-chose. Le livre ou le CD qui nous a aidés à traverser des moments difficiles et nous a beaucoup fait pleurer. Le bijou qui signifie tant à nos yeux, comme une promesse, même si elle n’a pas toujours été tenue. Une fleur que l’on a fait sécher, en souvenir.
Ce ne sont que des exemples, chacun a sa personnalité, son histoire, et les objets qui vont avec. Il y a aussi tous ces choses que l’on collectionne furieusement, jusqu’à ne plus savoir où les mettre. C’est presque machinal, instinctif, comme une drogue légère mais dont on ne pourrait quand même pas se passer. On attrape tous ces objets, on les cherche, on les trouve et lorsqu’on les a, on les range soigneusement pour ne pas qu’ils s’abîment. Les plus passionnés reviennent les admirer, tandis que d’autres finissent par les laisser bien rangés comme il faut, mais attention ! Ils ne les jetteront pas, même si ça prend trop de place.
Alors voilà, notre vie est remplie de choses et d’objets que l’on garde plus ou moins précieusement ; et au fil des années, de nouveaux viennent s’ajouter, en fonction de ce que l’on a vécu. Même est ce que ça nous rend matérialiste pour autant ? Non, je ne crois pas. Je pense que toutes ces petites choses-là nous rendent surtout plus humains.
Ce qui ne croient en rien, qui n’aiment pas leurs souvenirs, ne possèdent rien. Une maison vide, aux volets clos, aux murs nus. Ils attendent simplement de vivre certains moments et quand c’est passé, ils n’y repensent plus. Ils n’acceptent rien car ils veulent être indépendants, et ils n’offrent rien non plus.
Je préfère la vie de tous ces passionnés qui gardent et collectionnent, qui protègent et conservent. Ils vivent à deux cent pour cent et même si c’est douloureux, ils se souviennent car ils veulent évoluer sans oublier ce qu’ils ont vécu.
Alors non, toutes ces petites choses ne nous rendent pas si prosaïques, elles nous aident plutôt à nous différencier des animaux, des tyrans, des divinités. À marquer des repères sur le chemin de notre vie et à laisser des souvenirs et des traces pour les générations futures.
Elles nous permettent peut-être de pouvoir exister à travers le temps et l’espace, tant qu’elles sont là, immobiles, silencieuses et immuables ; les seules choses quasi-éternelles à avoir traversé nos vies.

© OPHÉLIE PEMMARTY – TOUS DROITS RÉSERVÉS
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Derrière la porte

La porte se referme.
Derrière elle se retire la réalité. Les détails du quotidien : le souffle de l’ordinateur, le claquement d’un volet contre le mur extérieur de la maison, le ronronnement discret des appareils électriques… Ils ne se taisent pas, ils continuent comme si de rien n’était, mais une fois la porte refermée, ils ne m’atteignent plus. Ils sont au-delà de ce que je perçois. Au-delà de moi.
La chambre. Le bureau et la chaise. La lampe encore éteinte. Entre ces quatre murs s’inventent des mondes qui n’existent nulle part ailleurs ; ils s’esquissent, se dessinent et se colorent lentement, comme un tableau porté à la vie par une main encore hésitante. C’est dans ces univers-là que je me réinvente, que je me perds, loin de cette réalité refoulée derrière la porte.
Je me coupe du reste du monde, en ignore le cours pour au moins quelques heures. Que pourrait-il s’y passer qui attirerait mon attention occupée ailleurs ? Sans doute rien de plus que si j’en étais spectatrice ou actrice. Parfois, j’ai simplement besoin d’être absente du monde. Ni là, ni ailleurs, mais dans cet entre-deux, sur cette frontière qui délimite les rêves et le réel. Suspendu, séparé, en équilibre. Un endroit silencieux où peut s’élever le chant de ma plume, un espace vide à combler de mots.
M’y attendent des amoureux en sursis, des poèmes écorchés, des héros malgré eux, des anges et des fées, des blessures à guérir et quelques vies brisées. Je ne sais jamais qui je vais retrouver. Je les laisse apparaître, doucement, s’inviter jusqu’au fond de moi ; au-dedans de mes jours, de mes nuits, de ma vie. Je les autorise à creuser loin sous la surface, à labourer mon cœur. Ils peuvent verser du sel sur mes plaies, agrandir l’écorchure, éprouver les cicatrices…. Je me laisse faire. Je leur donne cette liberté pour qu’ils puissent trouver, dans ces failles au fond de moi, la justesse de mes mots.
Ce n’est ni facile ni rapide. C’est un travail de longue haleine, laborieux, acharné, qui se poursuit jusqu’à retirer un peu de grâce perdue dans les profondeurs du doute, des larmes et des questions. Je l’ai voulu ainsi. Inconsciemment, peut-être, mais c’est pourtant moi qui ai choisi. La douleur, puis la joie éphémère d’avoir pu l’adoucir ou l’illuminer par quelques rimes, quelques phrases, valent toujours mieux que le vide et l’ennui.
Je n’aspire pas à un bonheur paisible, qui se trouve portant à portée de main. Depuis le temps, j’aurais pu le saisir par poignées entières, le prendre à bras-le-corps, le serrer tout contre moi pour qu’il m’envahisse et me conquière. Mais je me suis contentée de quelques pincées entre deux tourments, le temps d’atténuer les cris de la vie qui explosent au creux de moi. Je me suis limitée à quelques inspirations pour bercer ces journées où l’on n’attend rien d’autre que le repos. Et j’ai laissé le reste s’envoler ailleurs, peut-être trop loin de moi, peut-être où d’autres personnes pourront s’en abreuver et goûter à des heures trop heureuses qui ne me ressemblent pas.
C’est comme si je jouais à un jeu auquel personne ne peut dicter de règles, il se déroule sans que l’on ne puisse rien changer. Mais l’absence de règle ne signifie pas l’absence de risque ; je prends celui de perdre entièrement, un jour, le moindre accès au bonheur. Parce que je voudrais quelque chose de plus fort, de plus beau, de plus grand… Une démesure à la hauteur de mes faiblesses, une intensité capable de remplir ce gouffre en moi, ce lieu où même les amoureux, les poèmes, les héros et les fées ont parfois peur de s’aventurer, parce qu’ils restent impuissants à reconstruire ce qui a été détruit.
J’attends quelque chose qui n’existe pas encore, ou peut-être pas du tout, et je trompe le temps qui passe en le berçant de mes mots. Ils remplissent des lignes, des pages, des cahiers et puis la chambre entière. Ils se lient, se lisent, s’assortissent ou bien s’opposent ; ils plantent le décor de tous ces autres mondes que j’imagine, loin du vrai qui finit toujours par frapper à la porte pourtant fermée. Ils s’assemblent et coulent au fond de ma gorge, le long de mes veines, en un poison trop sucré que l’on nomme inspiration.
Un jour peut-être ce poison remplacera mon sang et je n’aurai plus peur ; un jour peut-être serai-je faite d’encre, de papier et de rêves, libérée de ce corps qui m’emprisonne. Mais je n’ai pas encore trouvé la formule qui réalisera ce tour alors, en attendant, la magie de ma vie réside dans ces mots, ceux qui réunissent les amoureux, qui inventent des héros, qui referment quelques blessures ou qui rapiècent quelques poèmes… Tous ces mots emprisonnés au fond de moi, puis libérés sur des pages et échappés dans la chambre. À l’assaut de la réalité, non pas pour oublier le rêve, mais pour les confondre.
La lampe s’éteint à nouveau. Reste le bureau et sa chaise. La chambre encore peuplée de ces échos d’autres vies, d’autres mondes ; je peux me relever. Les mots ne me quittent pas tout de suite, ils m’accompagnent encore, comme pour suivre mes premiers pas.
Grâce à eux, je suis en paix pour quelques heures, et prête à affronter tout ce qui m’attend au-delà des murs, au-delà de moi.
La porte s’ouvre…

© OPHÉLIE PEMMARTY – TOUS DROITS RÉSERVÉS

L’or de tes mots « Chanson pour Dominic »

Dans L’or de tes mots, Ash a écrit une chanson piano-voix qui parle de Dominic et de la relation qu’ils ont connue. Je vous propose d’en découvrir la traduction ci-dessous.
Je l’ai écrite en anglais, ce qui explique que les phrases ne riment plus une fois traduites en français. Mais maintenant, vous pouvez comprendre pleinement toute l’émotion de Dominic lorsqu’il l’entend pour la première fois !
Bonne lecture et Joyeux Noël à vous tous ! ♥

« Song for D. »

So we were young and we were stronger
Just the two of us, we were together
Now by myself, waiting and wondering
Am I the only one who’s suffering ?

Every piece of my broken heart still beats for you
Every tear in my eyes, I’m just crying for you
I miss you so much and time runs so fast
But baby our love doesn’t belong to the past

I wish I could erase the day
When I left you and just went away
Your eyes never stopped shining in my memory
I still believe that you’re my one and only

Every piece of my broken heart still beats for you
Every tear in my eyes, I’m just crying for you
I miss you so much and time runs so fast
But baby our love doesn’t belong to the past

Wherever you are, I hope you remember me
I could travel the world just to say “forgive me”
Your love was the blood in my veins
Air in my lungs, shelter for my pain
Your smile turned everything into gold
Now memories of you are ink for my words

You’re the one who can fix my heart
The only one who can dry my eyes
Baby I’ll be there, you can be sure
You and me, and our love as future.

Nous étions jeunes et nous étions plus forts
Juste nous deux, nous étions ensemble
Maintenant j’attends, livré à moi-même
Est-ce que je suis le seul à souffrir ?

Chaque morceau de mon cœur brisé bat pour toi
Chaque larme dans mes yeux, je pleure pour toi
Tu me manques tant et le temps passe si vite
Mais bébé, notre amour n’appartient pas au passé

J’aimerais pouvoir effacer le jour
Où je t’ai laissé, où j’ai tout quitté
Tes yeux n’ont pas cessé de briller dans ma mémoire
Et je continue à croire que tu es mon unique

Chaque morceau de mon cœur brisé bat pour toi
Chaque larme dans mes yeux, je pleure pour toi
Tu me manques tant et le temps passe si vite
Mais bébé, notre amour n’appartient pas au passé

Où que tu sois, j’espère que tu te souviens de moi
Je pourrais parcourir le monde pour te dire « pardonne-moi »
Ton amour était le sang dans mes veines
L’air que je respirais, mon refuge contre la douleur
Ton sourire transformait tout en or
Et maintenant ces souvenirs sont l’encre de mes mots

Tu es le seul à pouvoir réparer mon cœur
Le seul à pouvoir sécher mes larmes
Bébé je serai là, sois-en sûr
Toi et moi, et notre amour en guise d’avenir.

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© OPHÉLIE PEMMARTY – TOUS DROITS RÉSERVÉS

Golden Days

À l’occasion du « calendrier de l’Avent » des éditions MxM Bookmark, j’ai écrit une nouvelle intitulée Golden Days :  elle met en scène Dominic et Ash, les héros de L’or de tes mots, ainsi que leurs amis. Pour ne pas se gâcher les surprises de l’histoire originale, évitez de la lire avant le roman !

Vous pouvez la découvrir en ligne sur le site des éditions MxM Bookmark et/ou la télécharger au format PDF en cliquant sur l’image ci-dessous. Si vous souhaitez une version ebook pour votre liseuse, contactez-moi à l’adresse ophelie-pemmarty@orange.fr en me précisant le format souhaité.

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Bonne lecture & Joyeux Noël ! ♥

Bonheur

Les gens courent désespérément après le bonheur, sans comprendre que ce n’est pas quelque chose de durable ni de sûr. Il ne s’acquiert pas, ne dure jamais ; ceux qui attendent d’être heureux et se lamentent de ne pas l’être n’ont rien compris.
Le bonheur ne se mesure pas en semaines ni en mois, encore moins en années.
Le bonheur se compte en secondes, en heures quelques fois.
Il n’est que dans l’instant : dans un éclat de rire, un rayon de soleil… Dans une tasse de thé, une chanson… Dans un baiser, dans une promesse… Dans le temps qu’on passe auprès de ceux qu’on aime ou à donner vie à nos passions.
Tous ces moments éphémères qui réjouissent notre cœur sont le bonheur, et c’est en faisant la somme de ces instants qu’on se rend compte qu’on est heureux.
Ce n’est pas éternel ni constant, mais c’est authentique, intense et précieux.
À quoi bon attendre, à quoi bon se lamenter… L’essentiel est là, avec nous, tous les jours, malgré les épreuves et les difficultés de la vie.
Et ce n’est que lorsqu’on l’a compris qu’on peut vivre de la façon la plus heureuse qui soit.

welcome

© OPHÉLIE PEMMARTY – TOUS DROITS RÉSERVÉS